Lettre ouverte au Gouvernement mexicain

La société civile appelle à un processus démocratique et transparent , 4 decembre 2010
Alors que cette année a vu des millions de personnes affectées par les impacts négatifs du changement climatique à travers le monde, la tâche de la CNUCC de réduire immédiatement et drastiquement les émissions de gaz à effet de serre n’a jamais été aussi urgente. Les scientifiques constatent de manière constante la réduction rapide des opportunités qui permettraient encore d’agir afin d’affronter ce problème global de manière efficace.

Pour cette raison, nous, les organisations signataires ci-dessous, appelons à un processus démocratique, transparent et participatif lors des négociations de l’ONU sur le changement climatique, conduisant à des résultats à l’issue de Cancun qui soient équilibrés, équitables et basés sur la science pour mettre en œuvre la Convention des Nations Unies sur le Climat et les engagements juridiquement contraignants des pays industrialisés à réduire leurs émissions sous le Protocole de Kyoto.

Cancun doit atteindre un résultat ayant une légitimité à travers un processus juste et démocratique, mais nous voyons déjà des nuages noirs se former à l’horizon.

Le processus doit éviter la conduite excluante, non-transparente et anti-démocratique de la Conférence sur le Climat de décembre 2009 à Copenhague, qui a fini dans l‘acrimonie, a sapé la confiance et a mené à l’Accord controversé de Copenhague.

L’Accord, produit par un groupe exclusif de 28 pays sélectionnés par le Gouvernement danois, et présenté sur un mode « à prendre ou à laisser » dans les dernières heures de la conférence, est illégitime et, selon le secrétariat de l’ONU sur le Climat lui-même, n’a pas de statut [1]. Les scientifiques ont confirmé que ses promesses pourraient conduire à un réchauffement allant jusqu’à 4 degrés, conduisant à des impacts catastrophiques sur les populations et les écosystèmes du monde entier, ainsi qu’à un changement climatique irréversible [2 ].

Nous sommes préoccupés par les informations selon lesquelles le gouvernement mexicain aurait invité un nombre limité de chefs d’Etat à Cancun. Nous dénoncerons toute tentative de recourir à un processus en groupe réduit avec des chefs d’Etat sélectionnés pour avancer les intérêts d’une poignée de pays aux dépens de tous les autres.

Nous sommes préoccupés par les indications selon lesquelles la Présidence mexicaine a déjà convié de petits groupes de pays en parallèle des négociations officielles, sans aucune transparence, et essaiera peut-être de relier les deux pistes de négociations, au risque d’un exode hors du Protocole de Kyoto et d’abaisser les ambitions d’autres Parties.

Les pays développés doivent honorer, et non abandonner, leur obligation juridiquement contraignante de réduire leurs émissions dans le cadre du Protocole de Kyoto après 2012.

Nous sommes également préoccupés par la nouvelle proposition de la Présidence d’obtenir à Cancun un résultat dans le cadre du Plan d’Action de Bali, qui reflète l’Accord fortement biaisé de Copenhague et élimine les demandes clés des pays en développement. Entre autres choses:

– Le retrait des références au maintien du réchauffement climatique sous 1 à 1,5 degrés, soutenues par plus de 100 pays dans les négociations;

– Le retrait des références à un financement d’au moins 1,5% du PNB des pays de l’Annexe 1, soutenues par le G77 et la Chine ce qui représente plus de 130 pays;

– La désignation de la Banque Mondiale comme fonds fiduciaire sur le climat, alors même que les pays en développement ont unanimement appelé à ce qu’un tel fonds mondial climat soit placé sous l’égide de la CNUCC ; et

– L’établissement de nouveaux «marchés carbone»  qui permettront aux pays développés de continuer à polluer, tout en leur permettant d’esquiver leurs engagements financiers et de transférer le fardeau de l’atténuation aux pays en développement.

Le texte a retiré pratiquement toutes les propositions de la Bolivie basé sur l’Accord Mondial des Peuples, reflétant la volonté de plus de 35 000 représentants de mouvements sociaux et organisations ayant participé à la Conférence Mondiale des Peuples en Bolivie en Avril 2010.

Nous appelons les Parties à travailler sur le texte qu’elles ont conduit (texte du 13 août), qui reflète les opinions des Parties, et à ce que les négociations demeurent conduites par les Parties et soient participatives.

Enfin, nous sommes préoccupés par les limites posées par le Gouvernement mexicain et le Secrétariat des Nations Unies sur le Climat à l’entière participation de la société civile. Nous ne tolérerons aucune tentative de faire taire les gens ou de limiter leurs voix.

Nous croyons que Cancun peut apporter un résultat couronné de succès, qui mette en œuvre la Convention et les obligations juridiquement contraignantes des pays développés à réduire leurs émissions dans le cadre du Protocole de Kyoto. La clé pour qu’il en soit ainsi est de s’assurer que les pays développés honorent leurs engagements et que les voix de ceux qui sont le plus affectés par le changement climatique soient entendues.

Notes :

[1] : Secrétariat de la CNUCC, Notification aux Parties, 25 janvier 2010

[2]: Sustainability Institute, MIT Sloan School of Management and Ventana Systems, 19 décembre 2009, (www.climateinteractive.org)

SIGNATAIRES :

Asociacion Globalizate, Spain
Asociación Nacional de Empresas Comercializadoras de Productores del Campo (ANEC), Mexico
Bangladesh Krishok Federation, Bangladesh
CEICOM, Mexico
Center for Food Safety, US
Centro Operacional de Vivienda y Poblamiento A.C. (COPEVI), Mexico
Científicos por el Medio Ambiente (CIMA), Spain
Civic Response, Ghana
Confederación Española de Consumidores y Usuarios (CECU), Spain
Dimpos Manalu KSPPM, Indonesia
Dimpos Manalu, KSPPM, Indonesia
Ecologistas en Acción, Spain
Equity and Justice Working Group, Bangladesh
FAIR, Italy
FASE, Brazil
FERN, UK
Focus on the Global South
Freedom from Debt Coalition, Philippines
Friends of the Earth International
Fronteras Comunes, Mexico
Fundación IPADE, Spain
Fundación Pachamama, Ecuador
GAIA, Global Alliance for Incineration Alternatives
Gayo Forest Foundation, Indonesia
Grassroots International
Green Camp, China
Green Zhejiang, China
Hangzhou Eco-culture Association, China
HELIO International
Institute for Agricultural and Trade Policy, US
Institute for Essential Services Reform, Indonesia
International Center for Technology Assessment, US
International Forum on Globalization, US
International Rivers, United States
International Youth and Student Movement for the United Nations
International.Lawyers.org
Izquierda Unida, Spain
Jagaran, Nepal
JS-Asia/Pacific Movement on Debt and Development
Jubilee South
Jubilee USA Network, US
Kenya Young Greens, Kenya
Koalisi Anti-Utang (KAU), Indonesia
Kruha Water Coalition, Indonesia
LDC Watch
Mines Minerals People, India
National Forum For Advocacy, Nepal
New York Climate Action Group, US
North-South XXI
Pachamamma Foundation, Ecuador
Perkumpulan Elang-Riau, Indonesia
Philippine Movement for Climate Justice (PMCJ), Philippines
Rainforest Foundation US
Rainforest Foundation, UK
Red Mexicana Frente el Libre Comercio (RMALC), Mexico
Rural Reconstruction, Nepal
SEO/Birdlife, Spain
Serikat Nelayan Indonesia(SNI), Indonesia
SONIA, Italy
South Asian Alliance for Poverty Eradication (SAAPE)
Suluh Muda Indonesai, Indonesia
SUPRO, Bangladesh
Sustainable Energy & Economy Network, US
Third World Network
Transnational Institute (TNI)
USO, Spain
World Development Movement, UK
Wuhu Ecology Center, China
Yaxche’, Árbol de la Vida, A.C., Mexico
YEL-SOCP, Indonesia

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